Mon parcours

©ABIGAIL AUPERIN

Jeunesse

Je suis né à Paris en 1979. Élevé par une mère célibataire aux prises avec des difficultés de santé mentale, j’ai grandi entre un quartier lugubre du Havre et une banlieue « prioritaire » de la petite couronne parisienne.

Très tôt, les livres m’ont offert un refuge et, faute de pouvoir voyager, une première manière de voir le monde. J’ai beaucoup lu, surtout des auteurs américains, puis commencé à écrire quelques récits initiatiques qui ont depuis disparu. Peut-être pour le mieux.

Kafka m’avait transmis son goût de l’autodafé. Gide avait fourni la justification : « Il faut, Nathanaël, que tu brûles en toi tous les livres. »

J’ai compris assez vite que les études seraient une autre façon d’élargir l’horizon. Elles m’ont conduit jusqu’à Sciences Po Paris, puis, quelques années plus tard, à l’université Columbia de New York.

Lauren :

« C’est juste qu’avec le temps les nuances de l’âme s’estompent autant que les couleurs sur les vieux polaroids. »

Renaud RODIER
Les Échappés, Paris, Éditions Anne Carrière, 2024

Mon engagement dans l’humanitaire

Avec mon diplôme de Sciences Po en poche, ma première ambition a été de m’éloigner autant que possible de la France.

Ma vocation humanitaire est née au Mexique, au sein d’une association venant en aide aux enfants des rues. En Colombie, j’ai ensuite découvert la réalité des réfugiés et des déplacés. J’ai décidé d’en faire mon métier, auprès des Nations unies et de différentes ONG.

Pendant une quinzaine d’années, mes missions m’ont mené un peu partout : des quartiers populaires de Medellín aux rives du lac Tanganyika, des gratte-ciel de New York aux bunkers d’Irak. J’ai traversé les jungles du Liberia, des côtes ravagées par un tsunami et les collines de la Terre sainte.

Ce métier m’a surtout appris à me méfier des idées simples sur les conflits et ceux qui les traversent. J’y ai vu beaucoup de violence, parfois de trop près, mais aussi des gens continuer à vivre au milieu d’elle, sans nécessairement se croire héroïques.

Je ne regrette rien de ce que j’ai fait, sinon de n’avoir pu faire davantage.

Kip :

« Mes parents n’étaient pas des salauds. Ce serait trop facile de croire ça. C’est juste que quand les rêves tombent de haut, ils écrasent tout sur leur passage. »

Renaud RODIER
Les Échappés, Paris, Éditions Anne Carrière, 2024

Écrire pour survivre

Après avoir frôlé la mort lors d’un attentat à Jérusalem, j’ai fini par admettre que j’étais épuisé. Ce n’était d’ailleurs pas le premier avertissement.

L’écriture s’est alors imposée. Tous ces livres que j’avais longtemps gardés en moi réclamaient leur tour. Il ne s’agissait pas tant de raconter ce que j’avais vécu que de voir ce que la fiction pouvait en faire.

En octobre 2020, un recueil de prose poétique, L’Œil du cyclope, publié aux éditions Baudelaire, a marqué mes premiers pas en littérature.

Mon premier roman, Les Échappés, paraît chez Anne Carrière en janvier 2024. À travers les destins croisés de cinq personnages, il explore notre capacité à échapper à ce qui nous détermine. Il est repris en poche chez Pocket l’année suivante.

En août 2025 paraît Si Rome meurt, toujours chez Anne Carrière. Dans une Rome saisie au moment d’un basculement politique, Pietro, dix-huit ans et aspirant cinéaste, rencontre un sans-abri qu’il soupçonne d’être son père, un astrophysicien disparu dix ans plus tôt. Sa quête l’entraîne, avec ses amis, dans le monde des laissés-pour-compte de la Ville éternelle.

 « Le bonheur est un vertige qui contemple la possibilité de la chute. »

Renaud RODIER
Les Échappés, Paris, Éditions Anne Carrière, 2024

Et maintenant ?

Je partage aujourd’hui mon quotidien entre Florence, Berlin et Paris, entre missions de conseil pour des ONG et écriture. Ma femme, elle, accompagne des enfants traumatisés par la guerre.

Entre deux départs, je travaille à mon troisième roman.

La boucle est bouclée. Du moins, c’est ce que j’aime à croire.

Nathaniel :

« Ceux qui parlent d’amour impossible n’ont rien compris. C’est l’impossible en nous qui est amoureux. »

Renaud RODIER
Les Échappés, Paris, Éditions Anne Carrière, 2024
Retour en haut