Retour de lecture : Vineland, Thomas Pynchon (1990)

J’ai adoré Une bataille après l’autre, réalisé par Paul Thomas Anderson. Alors, j’ai eu envie de lire le roman qui l’avait inspiré.

Me voilà donc face à Vineland, signé par l’un des auteurs les plus cultes – et les plus fuyants – de la littérature américaine : Thomas Pynchon, the invisible man.

De quoi ça parle (très brièvement)

Californie, années 80. Les lendemains de la contre-culture. Zoyd Wheeler, ancien hippie devenu père célibataire un peu paumé, élève sa fille Prairie. Pour continuer à toucher une allocation, il doit chaque année accomplir un acte public de « folie » – il est passé maître dans l’art de se défenestrer face aux caméras. Un rituel. L’ombre portée du roman, c’est Frenesi Gates, la mère de Prairie : militante radicale dans les années 60, aujourd’hui disparue. Elle a trahi son camp en collaborant avec Brock Vond, procureur fédéral glaçant, incarnation de la contre-révolution conservatrice. À mesure que Prairie tente de comprendre qui était vraiment sa mère, le roman se déploie en retours en arrière, fragments, digressions et récits secondaires.

👉 La plus vieille histoire du monde, en somme : l’exil hors du paradis. Version Nixon–Reagan.

Ce que j’ai ressenti

J’en ressors avec des sentiments partagés, ce qui, pour une fois, me rapproche beaucoup de la réception critique du livre à sa sortie.

Il y a cette mélancolie folle, diffuse, presque poisseuse, que j’ai adorée. Certaines scènes sont franchement hilarantes : un humour absurde, tendre, parfois cruel, qui surgit toujours là où on ne l’attend pas.

La virtuosité de Pynchon est indéniable : construction éclatée, intelligence politique, sens aigu du détail, capacité rare à faire cohabiter le grotesque et le tragique.

Et pourtant la lecture m’a semblé laborieuse, répétitive. Non pas ratée. Plutôt comme si le roman mimait volontairement l’épuisement de ce qu’il raconte : la nostalgie qui tourne sur elle-même, la mémoire qui radote, la défaite qui insiste.

Je ne suis pas certain que ce soit un défaut. Je ne suis pas certain non plus que ce soit toujours passionnant à lire.

Verdict

Je comprends très bien :

  • ceux qui y voient un roman injustement sous-estimé, hanté par la défaite et la mémoire,
  • et ceux qui le lisent comme un Pynchon mineur, non par faiblesse, mais par choix.

Pour ma part, je suis heureux de l’avoir lu – tout en me gardant bien de juger un livre écrit par un auteur d’un tel calibre. Et surtout heureux de ce qu’il déclenche : l’envie furieuse d’aller voir du côté des sommets réputés de son œuvre.

Prochaines étapes :
📚 Vente à la criée du lot 49
📚 L’Arc-en-ciel de la gravité

À suivre.
D’ici là : fuck the system.

 

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