Le Fil de midi n’est pas un roman à proprement parler, mais une mémoire qui se recompose après l’électrochoc. Ni témoignage, ni confession : plutôt un labyrinthe sans autre issue que lui-même. Peut-être un dialogue sur la folie, avec un psychanalyste trop lucide, trop compétent pour vraiment croire en sa science. Deux monologues qui se croisent, en réalité, tels des échos lointains rebondissant sur les murs blancs d’une cellule.
Ce n’est pas un texte simple, attention. Les livres écrits par des génies que leur époque n’a pas su comprendre le sont rarement. Ici, il est question d’un esprit aussi fragmenté qu’une disquette laissée à fondre sous le soleil de Catane.
Quel bonheur de « découvrir » (mais on ne découvre jamais une grande autrice : ce sont elles qui nous trouvent) ici, en Italie, ce pays qui lui était étranger puisqu’elle était Sicilienne. Un immense désir me prend de lire L’Art de la joie. Mais il faudra attendre encore : je préfère habiter sa peine un peu plus longtemps.
